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Colloque sur la Résistance en Isère au Lycée Champollion - juin 2008.

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Télécharger le livret du colloque sur la Résistance en Isère au Lycée Champollion - juin 2008.

Voir l'animation interactive du livret sur le colloque sur la Résistance en Isère au Lycée Champollion - juin 2008.

En 2008 l'Association des anciens élèves du Lycée Champollion décide d'organiser avec l'appui de Monsieur Lachenal, professeur d'histoire, un colloque sur la Résistance en Isère. Celui-ci fait l'objet d'un opuscule de 36 pages dans lequel figurent les différentes interventions résumées ci-après.

Jean BALESTAS

Le colloque est ouvert par Jean BALESTAS, président de l'Association des anciens élèves. Dans son allocution il rappelle que, nous les anciens, nous avons vécu une époque étrange qui, nous l'espérons, ne se reproduira plus jamais. Il présente ensuite le premier intervenant, Pierre GIOLITTO, qui, de professeur est devenu directeur du Centre de Documentation Pédagogique, puis chef de Cabinet du Ministre avant de terminer Inspecteur Général Honoraire.

Pierre GIOLITTO

Pierre GIOLITTO était trop jeune à l'époque et c'est en tant qu'historien qu'il a pu écrire un livre sur la Résistance dénommé : « Grenoble 40-44 ».
Pour lui, le mot « Résistance » entre dans l'histoire avec l'appel du général de Gaulle le 18 juin 1940 : « La flamme de la résistance française ne s'éteindra pas ». A l'époque, d'ailleurs, on ne s'appelait pas « résistant » mais « patriote ».
Il souligne, également, pourquoi la ville de Grenoble a été déclarée « capitale de la Résistance » un peu comme Vizille qui fut qualifiée de « berceau de la Révolution ».
Au cours de son exposé, il souligne le fait que la résistance a d'abord été politique avec le refus de certains maires de voter les pleins pouvoirs à Pétain, puis spirituelle avec l'action de pasteurs, de juifs et de prêtres et enfin militaire avec le commandant Nal qui cache des armes au polygone d'artillerie.
Le mouvement Combat nait à Grenoble dans le petit appartement de Marie Reynoard qui fut déportée et mourut à Ravensbrück et tient ses réunions au « Café lyonnais » Avenue Alsace Lorraine, tenu par Louise Collomb. Il y a eu le mouvement « Libération sud » et le mouvement « Franc-tireur » qui nait au sein de la mouvance socialiste grenobloise qui, avec Léon Martin, Eugène Chavant et Aimé Pupin ont été à l'origine du maquis du Vercors. Le « Front national » d'obédience communiste fonde à l'initiative d'Adrén Dufour le journal clandestin Les Allobroges.
La Résistance armée se met progressivement en place avec des hommes comme Albert Reynier (Vauban) futur préfet de l'Isère. Après la Saint Barthélémy grenobloise, ce sera Albert Seguin de Reyniès puis, après son arrestation, Alain Ray, chef militaire du Vercors.
L'unification complète de la Résistance dauphinoise a été réalisée lors de la fameuse réunion du nom de code de « Monaco » tenue à Méaudre le 25 janvier 1944.
Le 9 septembre 1943 Grenoble tombe sous le joug allemand et le 11 novembre une grande manifestation patriotique se déroule place Paul Mistral qui se termine par une rafle de près de 600 personnes dont la majorité sera déportée et seules 120 reviendront.
Du jeudi 25 au lundi 29 novembre 1943 les principaux chefs de la Résistance seront assassinés ce sera la Saint-Barthélémy grenobloise.
A Grenoble se forment alors les fameux groupes francs qui s'en prennent à tout ce qui peut affaiblir le potentiel allemand. L'un de ces héros est Paul Garibaldi qui rentrera dans l'histoire sous le nom de Paul Vallier. Dénoncé il tombera dans un guet-apens à Fontaine.

Paul Dreyfus

Après Pierre Giolitto, c'est Paul DREYFUS qui relate les principaux évènements qui ont marqué la Résistance à Grenoble. S'adressant aux élèves du lycée Champollion il rappelle que ce sont leurs prédécesseurs qui furent les animateurs d'une première manifestation lors de la venue du Maréchal Pétain à Grenoble. Alors qu'il prononçait un discours Place de Verdun c'est en effet Pierre Fugain, un ancien du lycée, qui provoqua un monumental chahut.
Pour Paul Dreyfus les trois sources de la Résistance sont :
- Mars 41 aux Côtes de Sassenage, Pierre Dalloz, architecte et Jean Prévost, écrivain, imaginent un plan qui consiste à faire du plateau du Vercors une puissante base d'opérations sur les arrières de l'ennemi.
- Août 41 constitution au « relais des cheminots » d'un petit groupe clandestin avec Aimé Pupin, le propriétaire de ce bistrot, Léon Martin, pharmacien cours Berriat et Eugène Chavant, Maire de St Martin d'Hères
- Novembre 41 Marie Reynoard, professeure de lettres, accueille chez elle Henry Frenay, officier de carrière qui vient de fonder le mouvement « Combat » qui sera à l'origine des premiers groupes organisés en France.

Pierre FUGAIN, ancien élève du lycée Champollion est présenté par Jean Balestas comme un véritable héros de la Résistance, un homme qui a commencé sa lutte contre le fascisme dès 1939 et qui ne l'a jamais cessé.
Au début, dit-il, nous étions très peu, entre 25 et 50 en 1940 mais 50 000 en 1944.
Au début nous nous bornions à distribuer des tracts puis nous avons reçu ou confectionné des postes de radio et nous nous sommes équipés. On avait conscience du risque que l'on prenait et surtout que l'on faisait prendre aux autres.
Notre principale mission était d'informer les alliés ainsi l'une d'entre nous a pu s'infiltrer à la Kommandantur et a réussi à récupérer des plans confidentiels qui ont été transmis à Londres. Elle a été par la suite passée par les armes.

Enfin c'est Maurice HUGELE, rescapé de Buchenwald et Président de l'association des déportés, qui prend la parole.
Il évoque avec beaucoup d'émotion la manifestation du 11 novembre 1943 devant le monument des Diables Bleus, son arrestation, ses deux jours et deux nuits passés dans un manège à même le sol sans nourriture, le transport jusqu'à Compiègne dans des wagons à bestiaux. L'étouffement, la promiscuité, l'entassement, la terrible soif et la faim. Les deux mois à Compiègne, centre de tri, puis le départ pour Buchenwald où il trouve l'horreur absolue.
Il répond ensuite à quelques questions, en particulier une de Maurice KUENTZ, vice-président de l'association, sur la journée du 2 décembre 1943 au Lycée Champollion.
La classe venait de commencer. Le professeur était passionné et passionnant. Tout d'un coup les vitres sont tombées sur les pupitres. Il nous a semblé qu'un temps interminable s'était écoulé entre la chute des vitres et l'explosion. Nous ne savions rien de ce qui était arrivé, il a fallu que la nouvelle se propage : la caserne de Bonne voisine venait de sauter. Les sonneries du lycée ont tinté dans tous les couloirs : ordre d'évacuer immédiatement. On s'est précipité aux dortoirs pour prendre nos effets et une couverture. Certains habitaient loin et ne savaient pas où aller. Les cours ont repris quelques jours plus tard dans le lycée de filles, les garçons le matin et les filles l'après-midi, on était encore à l'époque de la non mixité.

Le colloque s'est terminé par une intervention du Proviseur, Jean-Louis COPPERE.

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